Dimanche ensoleillé, 13h, dans un petit immeuble bourgeois daté la Renaissance...
2ème étage, porte X, yeux interloqués : « Oui, on a entendu des hurlements,... il devait être 4h du matin. Cela a bien duré une demie-heure. (...) C'était des pleurs, comme si la femme suppliait quelqu'un. Il devait y avoir un homme avec elle, mais il ne parlait pas. (...) Non, on a pas appelé la Police ; ce n'est pas trop notre style, vous savez. »
Dimanche, 13h10, dans le même immeuble conformiste, évitant les flaques de sang sur les marches...
2ème étage, porte Y, yeux insouciants des lendemains de cuite : « Effectivement, j'ai entendu une femme gémir. (...) Combien de temps ? Une bonne vingtaine de minutes. Même que des fois, elle disait "Oh non, pas ça, pas ça..." D'ailleurs ça m'a empêcher de me rendormir. (...) Ah non, j'ai pas fait le 17. Je ne cherche pas les problèmes. »
Journée de merde, 13h20, dans une bâtisse quelconque du centre-ville, évitant les marches maculées de sang, zyeutant les fines giclées rouges sur le mur évoquant une pluie de coups.
3ème étage, porte Z, yeux froncés sur le brassard police : « Ouais, il y a eu une dispute, un couple, j'imagine. La femme pleurait, elle demandait de l'aide. (...) Non, on a pas appelé. Et puis, faut pas le prendre mal, mais bon, on est pas pro-police. »
Monde merdique, 13h30, dans ce petit clapier guindé, évitant les larmes de sang sur les marches et le mur, au beau milieu d'une scène de viol brutal et abjecte, entouré par la bêtise humaine...
Dans les quartiers rongés par les trafics en tout genre, les galapiats expliquent qu'ils n'ont pas « la culture 17 ». Comme on les comprend... ; et dans certains quartiers parvenus, plus exposés aux idées pré-conçues qu'à la violence, on est pas « pro-police ». Ceux-là n'ont jamais joué au Cluedo, trop répressif à leur goût.
Ceux-là même qui s'indignent, à coups de « que fait la police ?! ».

4 réactions sur le sujet. PARTICIPEZ !:
Le service public, c'est être au service du public, de tous les publics. Ca relève de la vocation. Il ne faut pas le dire mais franchement, tu as bien fait : quelquefois, oh, parfois seuement, on a moins envie de lui rendre service que de lui tarter sa gueule, au bon public.
Des frissons. Ce n'est pas la première fois que je vois, entends dire, lis cela. Les frissons restent.
Salut vieux,
j'espère que tu gardes la forme et "la foi"...
Le 1er flic, votre "héros", va être jeter dehors et j'espère que l'on pourra assister de nouveau à des relations un peu plus saines entre la population et sa police. Le mal est profond mais l'espoir fait vivre. Il faudra aussi je pense un bon bouleversement de mentalité au sein de ton institution, mais en 1er lieu une grosse réforme de la Justice. Pourquoi ne pas donner une pelle aux petits déinquants et leur faire creuser le canal Rhin-Rhône ?
Au plaisir.
Le « bouleversement de mentalité »,... chacun d'entre nous n'aspire qu'à une seule chose: qu'on lui laisse faire son boulot de flic sans étiquette. Car qu'il s'agisse de police de proximité, ou tout autre doctrine d'emploi, le travail reste le même depuis toujours. Sarkozy s'en ira et un autre le remplacera avec le même désir d'apporter sa science. Pour nous, dans la rue, rien ne va changer, la misère, la violence, l'ingérence...
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