3h du matin.
Trente-cinq jours sans voir la terre.
Pull rayé, mal rasé...
Nous, 40 km/h, voiture banalisée. Rien à gauche, rien à droite.
Panneaux, murs, voitures endormies, feux rouges.
Halls, voitures immobiles, fenêtres, feux verts.
Vitre entrouverte, brise légère. Trafic radio en berne. Fraîcheur nocturne.
Rêve de couette. Radio nostalgie...
J'avance sur ce quai humide.
La sueur brûle comme l'acide.
L'enfer va commencer...
Ombres qui dansent avec les lumières tamisées des réverbères.
Yeux mouillés, à demi-ouverts. Moteur en troisième...
Virée grasse, elle m'entraîne,
Vers l'angoisse et la rengaine...
Une loooongue rue à sens et voie unique.
Au bout, la rue se termine en " T " sur le cimetière municipal.
La nuit, d'ennui, change de port !
Là, tout de suite, maintenant, à l'instant, une grosse berline déboule à tombeau ouvert à nos 6h. Et ça roule en pleins phares, et ça nous double par la droite en frottant les pavés du trottoir. La boule à facettes bleue se pose sur le toit de notre chariot. Musique.
Da da da daya da da da daya !!
Nous. Spots bleus, yeux grands ouverts. Sourcils froncés. Adrénaline. Pu dodo. Battements de coeur.
Mais cette machine dans ma tête !
Machine sourde et tempête !
Lui. Rétrogradation. Ralentissement. (là... pas bouger...)
Puis accélération ! Fond de deuxième, fond de régime, fumées d'échappement. Puanteur.
Mais cette machine dans ma tête !
Leitmotiv, nuit secrète !
Nous. Spots bleus, Pin-pon, accélération, yeux exorbités, mots d'oiseaux, mains crispées sur la pétoire et la poignée de maintien du plafond.
Il se passe quoi, 5 secondes ?
Tatoue mon âme à mon dégoût...
Lui. Tout droit.
(Bruits de carrosserie froissée, verre cassé, phares explosés, radiateur déboîté, fumées...)
Lui, bourré, vivant, dans son pare-brise. La berline, nase. Le mur du cimetière, nase.

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