Neil Young - Out On The Week-End (Harvest, 1972)
Je crois que je vais entasser mes affaires
acheter un pick-up, me barrer jusqu'à L. A
Trouver un endroit qui soit chez moi
essayer de m'en remettre. Tout reprendre à zéro...
Plus tard, un groupe de collégiens monte par l'avant. C'est la fin des cours, sûrement, et tout le monde y va de sa bonne humeur, ça discute fort dans un brouhaha pèle-mêle et intense, qui couvrirait presque le moteur du car. D'un seul coup, à ma grande surprise, une personne, puis deux, puis trois, se présentent devant la dizaine de chahuteurs désormais ahuris, et leurs demandent de baisser d'un ton car «nous sommes en société, et il faut respecter les gens qui nous entourent». Pas de protestations, aucune. Pas de de grandes palabres argotiques, pas de gestes démesurés des bras, pas de crachats, pas d'alarme qui se tire pour ouvrir les portes dans un vacarme retentissant, pas de coups portés, pas d'insultes. Pas vrai ?
Nous continuons notre promenade à travers le centre ville. Nous faisons à peine mine de traverser la voie que les véhicules s'arrêtent à 2m des passages pour piétons. Pas de crissements de pneus, pas d'anticipation, pas de pas qui s'accélèrent, pas de klaxons. Impossible ?
Attablés dans un restaurant, aux alentours de midi, une patrouille de policiers en tenue rentrent, radios crépitantes accrochées aux l'épaules, et se présentent devant le préposé à l'accueil. Ils s'installent à quelques tables de nous. Je suis intrigué et surpris, et je suis bien le seul. Tout le monde s'en fout. Et oui, des flics qui mangent... peut-être même qu'ils prendront un café ou satisferont un besoin naturel ? En France, c'est tout simplement impensable !
Je suis à Québec, dans la province nord américaine du même nom, et en quelques jours j'ai pris ma gifle magistrale. Il existe bien aujourd'hui un melting-pot de gens polis, qui font la queue pour monter dans un bus et semblent concevoir que finalement, appliquer des règles de bon sens, de civisme, n'altère pas leurs droits fondamentaux. Des flics qui prennent le temps d'un café pendant leur service, ce n'est pas non plus vos impôts qui se consomment.
Qu'on ne vienne pas m'expliquer que j'ai vu ça de mes yeux de touriste ou que je donne une image viciée de la France. Tout ce que je viens de décrire n'y serait jamais arrivé. J'ai même vu le personnel d'un supermarché, avec ses clients, contenir un type excité et alcoolisé en attendant que la police intervienne. Et devinez quoi, personne n'a râlé ou menacé d'écrire au député local lorsque l'un d'eux lui a passé les menottes.
En France, on a des «citoyens volontaires» pour oser aider notre police, rendez-vous compte du ridicule de l'expression elle-même... En somme, il faut des volontaires pour se sentir un peu citoyens et concernés sur des questions de sécurité. Au 17, les gens s'excusent presque d'appeler la police pour signaler un méfait de peur de passer pour des délateurs en puissance. En attendant, à l'entrée de Chicoutimi, on peut lire sur un panneau: «Un crime, un délit ? Ici, on le signale. Faites le 911.» Là-bas ils n'ont aucun problème avec cela, ni avec aucune autre espèce de tabou.
Ma visite au Québec a été une formidable expérience. Pas seulement pour la beauté des paysages, mais cela m'a permis surtout de reprendre goût en l'humain. Surpris par la normalité, en quelques sortes... Moi qui passe mes journées en France à me faire insulter. Je pose la question, qu'est-ce qu'il ne fonctionne pas chez nous ?
La polémique qui enfle sur la garde à vue, c'est le véritable pain béni de la presse. On imagine assez facilement les courbes d'audience que provoquent certains articles à la simple lecture de titres du type «En pyjama, à 14 ans, elle passe sa nuit en garde à vue» ou «les collégiennes ont bien été menottées». L'art du subjectif est payant car en France, le pays où interdire est interdit, «se rire du képi et le honnir» a toujours été un sport national. Et pendant qu'il est question de savoir s'il n'est pas dégradant de mettre des collégiens en garde à vue, les mêmes médias vendent les tragédies qui se produisent dans les écoles...
J'aimerai importer le commentaire d'un officier de police judiciaire sur cette page, qui résume plutôt bien le ras-le-bol provoqué par le déchainement médiatique contre les tortionnaires pour lesquels on tente de nous faire passer (entre le fameux «doigté anal» et garde à vue «dégradante»). Une fois encore, on peut se demander qui s'inquiète des victimes ?
Il s'agit d'une réponse (la n°98) à un argumentaire de Maître Eolas, qui n'est plus à présenter sur la toile, sur l'incompatibilité de la GAV sans avocat par rapport à la convention européenne des droits de l'homme.
Nichevo: «[...] Petit OPJ, j’ai une priorité; faire en sorte que des “criminels présumés innocents” ne passent pas au travers des mailles d’un filet de plus en plus reprisé. Je ne fais aucun cas du pléonasme médiatique qui me veut “OPJ tortionnaire”. J’ai commencé ma carrière, Il y a bien longtemps.
C’était un temps où je disposais encore de mon libre arbitre. A cette époque, je faisais preuve de discernement à chaque fois que je convoquais un mis en cause. La garde à vue n’était pas encore obligatoire.
Puis sont arrivées les lois Guigou, reprises plus tard par la droite, suite à l’enfermement de quelques personnalités. Il m’a été demandé par les magistrats de placer en garde à vue les mis en cause avant toute audition pour préserver les droits du mis en cause et agir dans un cadre bien défini. On doutait donc de nous? Aujourd’hui ceux qui m’ont rogné les ailes me reprochent un excès de zèle…
Puis sont arrivées les lois Guigou, reprises plus tard par la droite, suite à l’enfermement de quelques personnalités. Il m’a été demandé par les magistrats de placer en garde à vue les mis en cause avant toute audition pour préserver les droits du mis en cause et agir dans un cadre bien défini. On doutait donc de nous? Aujourd’hui ceux qui m’ont rogné les ailes me reprochent un excès de zèle…
Un ange passe, les yeux révulsés…
Entre temps les textes de loi ont changé en matière de violences faites aux femmes ou de sécurité routière. Que ce soit le fumeur de joint ou celui qui roule sans permis, tous ont commis un délit qui doit aboutir à un placement en garde à vue. Je n’ai fait qu’appliquer la loi, votée par les députés qui ont été élus par le peuple.
Qui dit garde à vue dit ” sous la responsabilité de l’OPJ et accessoirement du chef de poste”. Ce cadre doit garantir au mis en cause la possibilité de voir un médecin , s’entretenir avec un avocat et faire aviser un membre de sa famille ou son employeur de la dite mesure. Pendant ce temps là , la victime attend car elle n’est pour sa part dans aucun cadre. Pour une visite aux umj (ndlr: unités médico-judiciaires) ce sera sur rendez vous…
Qui dit garde à vue dit ” sous la responsabilité de l’OPJ et accessoirement du chef de poste”. Ce cadre doit garantir au mis en cause la possibilité de voir un médecin , s’entretenir avec un avocat et faire aviser un membre de sa famille ou son employeur de la dite mesure. Pendant ce temps là , la victime attend car elle n’est pour sa part dans aucun cadre. Pour une visite aux umj (ndlr: unités médico-judiciaires) ce sera sur rendez vous…
Si la personne en garde à vue se taille les veines, avec un trombone, les verres de ses lunettes ou de sa montre, des baleines de soutient gorge , ou se pend avec ses lacets, sa ceinture, ses cordons de sweat shirt, les policiers sont RESPONSABLES , avec une sanction à la clé et la vindicte populaire en prime. Si la personne placée en garde à vue se blesse, blesse un tiers, s’évade, durant un trajet c’est idem.
l’OPJ doit maintenant lui laisser les mains libres et être en mesure de “deviner” si elle peut être dangereuse… Je renvoie les lecteurs sur cet excellent billet de ma collègue Benedicte Desforges. Alors? Dangereux ou +pas? On peut “tenter un pari” comme Pascal , sauf que lui ne prenait aucun risque…
Les mineurs (à partir de 13 ans) doivent être eux aussi placés en garde à vue si des éléments laissent à supposer qu’ils ont commis un délit. Passons sur l’avocat obligatoire et sur le fait que l’opj doive demander au jeune mais aussi aux parents si il veut un avocat . Si le jeune veut maitre untel et que les parents veulent maitre machin il y a bataille. Laissons de coté les histoires de vidéo gav qui sont en place depuis quelques temps mais rarement lues par nos magistrats.
Les mineurs (à partir de 13 ans) doivent être eux aussi placés en garde à vue si des éléments laissent à supposer qu’ils ont commis un délit. Passons sur l’avocat obligatoire et sur le fait que l’opj doive demander au jeune mais aussi aux parents si il veut un avocat . Si le jeune veut maitre untel et que les parents veulent maitre machin il y a bataille. Laissons de coté les histoires de vidéo gav qui sont en place depuis quelques temps mais rarement lues par nos magistrats.
Alors aujourd’hui, je m’interroge. Comment les policiers OPJ parviennent à garder le moral dans un tel contexte? Pas beaucoup de commentaires de leur part sur ce site et c’est bien dommage.
Etant de nature assez précautionneuse, je dirais que tout placement en garde à vue devrait maintenant faire l’objet d’un avis téléphonique au magistrat de permanence au parquet et non d’un simple fax(et ce à toute heure avec copie pv d’interpellation et enregistrement du compte rendu).
Avis à avocat immédiat et mention sur pv concernant l’heure de sa présentation.
J’ai lu qu’il était possible de casser une procédure si l’avocat ne se présentait pas en temps et heure. (UBU n’est pas mort)
J’ai lu qu’il était possible de casser une procédure si l’avocat ne se présentait pas en temps et heure. (UBU n’est pas mort)
J’ai donc LA solution. Il faut un avocat dans chaque commissariat de police. Un avocat qui partagerait nos locaux, nos sandwichs grecs et bénéficierait des mêmes compensations horaires “exceptionnelles” dont nous bénéficions. Le ministère de la justice débloquera surement une ligne budgétaire et il trouvera le moyen d’organiser un tableau de permanence sympa. Venez à moi Messieurs Dames, que ce soit à la brigade financière ou au commissariat de Saint Denis. Faisons progresser le droit , ENSEMBLE ! C’est pas beau ça !
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10 réactions sur le sujet. PARTICIPEZ !:
Au début je croyais en une histoire conté sous forme de rêve. Puis je me suis rappelé ces longues vacances dans la belle province.
Tout comme toi, ça m'a redonné goût en la société.
As tu pensé à faire un petit tour dans un commissariat ou dans un poste de la GRC pour discuter et connaître la vie des flics là bas ?? C'est LE truc à faire, pour emporter bien du rève ...
Non, je ne l'ai pas fait, mais je le regrette bien. Il est possible que j'y retourne un jour. Autour de moi, je connais quelques personnes qui ont fait comme toi et qui n'en revenaient pas. Le respect existe vraiment là-bas. Merci de ta contribution. D'ailleurs, tu peux évoquer ce que tu a vécu avec les collègues du grand nord ici.
Et bien étonnamment, on est considéré comme du poulet de compèt'. Au vue de ce qu'il se passe en France, on aurait bien du courage d'y bosser. Surtout pour un si petit salaire ...
Des collègues bien payé, dans un pays où le pouvoir d'achat est bien plus élevé que chez nous.
Des flics aimé d'une population qui en trouve aucune excuse au délinquant qu'il soit blanc noir ou vert.
Des flics à la solidarité et à l'entraide formidable, bien loin de ce que nous connaissons.
Et d'une écoute, d'un goût de leur travail sans bornes. Tous des passionnés de ce job.
Et des mairies qui si les accords de 2008 se concrétisent, t'embauchent avec la moitié ou l'ensemble de ton ancienneté, t'offrent parfois un terrain pour construire ta baraque, trouve un job à ta femme etc ...
Mais surtout, c'est la flic considéré dans l'ensemble de la population canadienne, Québécois et ROC compris, qui donne un sens encore plus grand à ce travail. Un boulot gratifiant, dans un environnement et une population sympa. Tous juste sympa.
Un mois là bas, et au bout de dix mois j'ai encore du mal au travail ...
Par ailleurs il y a sur le net le rapport d'un collègue de la BREC Toulouse qui a fait un stage de 3 semaines entre sureté du québec et police municipale. Je n'ai plus le lien, mais c'était très intéressant.
Il serait intéressant de retrouver ce blog. J'ai cherché sans vraiment m'y atteler sérieusement un moyen de «faire un échange» ou «un stage» à la Sureté du Québec, mais de mon point de vue, c'était bien trop compliqué. J'ai quelques amis qui ont tout quitté pour le Québec. Hormis le temps et le fromage, il n'y a pas grand chose qu'il les pousse à revenir en France. Merci pour ces précisions.
Une fois de plus on détourne le fond du problème, à savoir s'il faut faire une GAV pour un fait qui se traduira par une amende ou un rappel à la loi.
Non tu opposes les droits du Gardé à vue avec ceux de la victime (supposés). Relis les histoires qui sortent, depuis peu, dans les médias. Cela ne concerne pas seulement des histoires de menottes pour de jeunes filles...
La GAV c'est pour faire du chiffre (pour les petites affaires). Aveu du flic de la BAC qui m'a fait connaitre la geôle du commissariat de ma ville il y a longtemps, sous le regard navré de l'OPJ (plutôt propre d'ailleur, cette geôle). Reste quand même le souvenir d'un mépris, d'une toute puissance, d'un colère à mon encontre.
Le grand chef veut du chiffre, vous lui en donnez. Point !
Tu nous apprends que c'est les députés qui ont décidés de ça. OK. Merci pour l'info. Le problème c'est que je n'entends pas vos syndicats se défendre sur ce point. Non on allume plutôt des contre-feux, on montre des "barbares", filles et/ou garçon, pour montrer les biens-fondés de la GAV. Encore une fois, on cherche à manipuler la populace. Et puis les leaders syndicaux préfèrent être en position éligible sur les listes électorales.
J'en ai marre que l'on divise toujours et depuis toujours la société en catégories. En matière de justice les durs et les compréhensifs...
Tu as été au Québec. Sache que quand je prenais les bus de ma banlieue, les jeunes se levaient pour laisser leur place, les gamins qui faisaient les pénibles se faisaient remettre en place. Je me rappelle le courrier d'un lecteur dans le grand quotidien local qui racontait son calvaire en bus en traversant les communes "aisées" et le calme qui s'installait en arrivant dans les zones sud. Pas de bruit, des gens tranquilles... Et oui les clichés ont la vie dure n'est-ce pas ? Un boulet d'être flic, un boulet d'être représenté comme un jeune délinquant en puissance, un imbécile parce que tu vis dans une certaine zone démographique.
Tout ce qui nous arrive c'est la faute à l'ignorance ainsi qu'à l'arrogance de ceux qui donne à tout vent leur avis tranché mais hâtivement formé...
Si je peux me permettre, pour illustrer mes commentaires dans ton blog, je voudrais proposer un texte écrit par un sociologue attaché aux questions de délinquance :
http://www.laurent-mucchielli.org/public/Emeute_a_Woippy.pdf
Des explications un peu plus fournies que celles des médias "grand public".
Le site de ce monsieur :
http://www.laurent-mucchielli.org/
Bien vu ce billet de février. Ce n'est pourtant pas très tendance de rappeler ces quelques vérités sur la garde à vue, auxquelles j'ajouterai celles-ci :
Il n'est pas envisageable, dans la pratique actuelle, de déférer un mis en cause au Parquet sans que l'infortuné n'ait été au préalable placé en garde à vue. C'est comme ça, c'est rentré dans les moeurs judiciaires, ça ne fait pas sérieux si le délinquant n'est pas gardé à vue.
Exemple type : le conducteur ivre. Il a soufflé dans la petite boîte, il a reconnu son vice, bref les preuves sont figées dans le marbre et accessoirement sur le papier.
La garde à vue n'a donc aucun sens, dans la mesure où aucune investigation supplémentaire ne sera réalisée!
Deux solutions pourraient et devraient s'offrir, soit le gars rentre chez lui (à pied et avec une convocation toute neuve à l'audience correctionnelle la plus proche - une ou deux saisons plus tard donc), soit il est placé en rétention le temps d'organiser son transfert au palais de justice.
Eh ben rien de tout ça, ce sera bel et bien une garde à vue pour le confort, non pas de l'intéressé et encore moins du policier, mais celui du magistrat de permanence!
L'autre pratique, plus méprisable encore, est celle de la statistique appliquée à la garde à vue par des bureaucrates formés spécialement à cette fin dans une école dorée des montagnes lyonnaises.
Le principe est simple : plus un service place en garde à vue, mieux il est considéré par sa hiérarchie en quête perpétuelle de bons points comme à l'école primaire.
Les suites judiciaires qui seront données à ces gardes à vue n'ont bien sûr aucun intérêt à leurs yeux : la mesure se suffit à elle-même, elle vaut même élucidation de l'affaire puisque le redoutable CREI (compte-rendu d'enquête après identification) sera rédigé et dûment mis en avant dans les résultats quotidiens / hebdomadaires / mensuels / trimestriels (etc...)
Voilà, en gros, ce qu'implique la culture du résultat. Du vent. Du chiffre coupé de toute réalité. De la caricature de fonction publique.
Voilà aussi ce que dénoncent depuis plusieurs années les flicards de base, les ouvriers spécialisés de police judiciaire, ceux-là même qui sont aujourd'hui sur le banc des accusés médiatiques.
Content que tu as apprécié ton séjour chez-nous. Oui, il existe encore de la politesse et du savoir vivre. Nos traditions s'évaporent quelque peu mais on veut tenir le cap sur le respect des personnes.
On est apprécié comme policier par la population en général.Les gens ont tendance à nous aider, nous voyant comme aidants plutôt que des repressifs. C'est pas le paradis mais les gens s'offusquent encore quand nous sommes harcelés par des voyous, des collègues et moi furent applaudis quand nous avons procédés à l'arrestation d'un drogué dans un parc municipal.
Nous sommes tous responsable de maintenir la loi et l'ordre, les policiers ne sont que les représentants et les éxécutants des citoyens.
Roger Chénier
Policier retraité
Merci pour ta contribution Roger. Comme quoi, je n'invente rien. Lorsque j'ai visité Québec, j'ai une un sentiment de honte car il est certain que l'on accueillerai pas aussi bien nos frères québécois en France. Mon seul regret est de ne pas avoir pris contact avec des membres de la Police pour voir un peu comment cela se passait.
Blog bien sympa et sujets évidemment éminemment intéressants ! Merci
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