13 décembre 2007

Intifada


On reçoit l'appel d'un équipage en difficulté, en cours d'interpellation dans une cité. Lorsque l'on arrive, sur un gigantesque parking à quelques mètres des barres, une trentaine d'individus menaçants, tous âges confondus, encerclent le premier véhicule d'intervenants dans le but d'empêcher l'arrestation de l'un des leurs, pour un simple défaut de permis de conduire. Dès les premières minutes du contrôle, alertée par le 2 tons, une foule s'était formée depuis les tours crasseuses.

L'animosité de la meute, qui grandit chaque minute, n'étant pas encore à son apogée, nous parvenons à en écarter une bonne partie à l'aide de quelques allers et venues de tonfas, permettant ainsi au premier véhicule de reculer. Quelques pierres rebondissent autour de nous, lancées depuis la foule ou les étages, une canette de bière vide atterit sur le torse d'un collègue, et lui fêle deux côtes.

Pour sortir du parking, et de la cité, nous sommes dans l'obligation d'emprunter une voie à file et à sens unique, bordée de terres-pleins, et qui, malheureusement, ne nous offre d'autre alternative que de repasser devant le groupe d'émeutiers. Parfois, on se demande si tout n'est pas conçu pour nous faciliter les ennuis.

Sans en avoir le temps, j'hésite entre sortir mon flashball par la fenêtre ou laisser la vitre fermée, protégé par le film qui la recouvre. Nous nous engageons sur la voie pour quitter les lieux le plus vite possible, mais notre progression est brusquement ralentie par le trafic routier, et ce malgré nos sirènes hurlantes. A cet instant, je me souviens avoir croisé le regard de mon chef de bord dans le véhicule. On s'est compris tout de suite. A l'exception de notre chauffeur, on se retrouve comme des cons recroquevillés dans l'habitacle.

Il se passe alors deux ou trois secondes avant que ne se produise l'inévitable ; une pierre énorme atterit sur la portière arrière-droite dans un impeccable fracas de tôle. Un fait divers qui ne fera l'objet d'aucune ligne dans aucun journal, si ce n'est le mien.

2 commentaires:

Fr. a dit…

Merci d'avoir recommencé ! Je le signale dès mardi prochain dans ma colonne.

Anonyme a dit…

cool ça recommence! .. je signale aussi chez moi ;) .. (perso je préférais largement ce ton à celui de votre collègue éditée depuis, bien aussi, mais pas pareil..)
bon retour!